Les menaces sur le cycle de l’eau douce… 🌀🙃

#Water #Droughts

Un moment de dĂ©licatesse pĂ©dagogique et de grande intelligence ce vendredi 6 mai sur France Inter avec Emma Haziza, hydrologue, fondatrice de Mayane (centre de recherches appliquĂ©es dĂ©diĂ© Ă  l’adaptation climatique).

Si vous ne comprenez pas encore bien l’eau, son cycle et notre interdĂ©pendance, rĂ©Ă©coutez !

–> interview 

J’en parlais ici dĂ©jĂ  avec les sĂ©cheresses qui sont dĂ©jĂ  prĂ©sentes en France et qui sont en extension partout dans le monde…

–> Article Blog DHM

Les menaces sur le cycle de l’eau douce…

Et, le problĂšme est dans notre alimentation et nos modes de vie…
A chaque fois qu’on consomme on utilise des ressources et de l’eau.

Soyons ce changement 😉🙏🌀

Emma Haziza, hydrologue : "Tout ce qui se passe dans nos vies se retrouve  dans nos riviĂšres"

Ne pas perdre Espoir… et s’indigner pour transformer 💡✅🌀

#Affects

Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue et co-présidente du groupe de travail I du GIEC, nous rappelle dans une interview pour le CNRS :

 

“Une rĂ©cente Ă©tude allemande montre d’ailleurs que l’on retrouve souvent des caractĂ©ristiques communes chez les climatosceptiques, comme une idĂ©ologie d’extrĂȘme-droite, un genre masculin, et une difficultĂ© Ă  gĂ©rer des Ă©motions dĂ©sagrĂ©ables liĂ©es Ă  un sentiment de responsabilitĂ© personnelle ou de culpabilitĂ©, ou Ă  la perte de certains privilĂšges” (voir par ex. Wullenkord, 2022).

 

Nous voyons les actuelles tempĂ©ratures trĂšs trĂšs Ă©levĂ©es, avec 50 °C enregistrĂ©s au Pakistan et plus de 47 °C en Inde d’un cotĂ©. Et, aussi d’autres impacts au Canada, en Australie, etc



La France n’est pas en reste avec dĂ©jĂ  des sĂ©cheresses dans plusieurs rĂ©gions… 

—> Voir pour des dĂ©tails sur les dĂ©gĂąts multilatĂ©raux humains et environnementaux dans l’Atlas de l’AnthropocĂšne (Gemenne, 2021; Gemenne et al., 2019).

đŸ§ âœŽïž Comme l’exposait Spinoza, ce sont des affects communs qui peuvent nous conduire Ă  des changements


Comprendre que l’essentiel est le dĂ©sir…
Et ce dĂ©sir, Spinoza l’appelle le “conatus”, l’effort
 pour persĂ©vĂ©rer dans son ĂȘtre.

Ce dĂ©sir est un mouvement global de l’individu, c’est l’individu en entier
 Entier de ces efforts pour exister.

DĂšs lors, une nouvelle dynamique de convergence passionnelle peut conduire Ă  la formation de nouveaux affects communs, par adhĂ©sion affective, et activation de notre ”conatus” (voir aussi le concept de la “potentia multitudinis” de Matheron, 1969)⚙

Cette force issue de cette action collective, Spinoza la nomme “imperium”…
“Ce droit que dĂ©finit la puissance de la multitude, on l’appelle gĂ©nĂ©ralement imperium” (TP, II, 17).

Aussi, Gilles Deleuze, en exégÚte et amateur de Spinoza, rappelait en 1977 dans ses Dialogues avec Claire Parnet (2008: 76) :


“Le pouvoir exige des corps tristes. Le pouvoir a besoin de tristesse parce qu’il peut la dominer. La joie, par consĂ©quent, est rĂ©sistance, parce qu’elle n’abandonne pas. La joie en tant que puissance de vie, nous emmĂšne dans des endroits oĂč la tristesse ne nous mĂšnerait jamais”.

 

Cet engouement pour ne pas perdre espoir, Noam Chomsky nous invite y Ă©galement (Chomsky & Polychroniou, 2017: 308)



–> “We have two choices. We can be pessimistic, give up, and help ensure that the worst will happen. Or we can be optimistic, grasp the opportunities that surely exist, and maybe help make the world a better place. Not much of a choice.”
–> “Nous avons deux choix. Nous pouvons ĂȘtre pessimistes, abandonner et aider Ă  faire en sorte que le pire se produise. Ou nous pouvons ĂȘtre optimistes, saisir les opportunitĂ©s qui existent sĂ»rement et peut-ĂȘtre aider Ă  rendre le monde meilleur.”

 

Nous avons notre rÎle à jouer dans ce défi collectif, et dans la construction de cette expérience émotionnelle plus positive et plus activée.

#ClimateChange #AnotherWorldIsPossible

 

REFS :
– Chomsky, N., & Polychroniou, C. J. (2017). Optimism Over Despair: On Capitalism, Empire and Social Change (1er Ă©dition). Penguin Books Ltd.
– Deleuze, G., & Parnet, C. (2008). Dialogues [1977]. Flammarion.
– Gemenne, F. (2021). GĂ©opolitique du climat: Les relations internationales dans un monde en surchauffe. Armand Colin.
– Gemenne, F., Rankovic, A., Zalasiewicz, J., & Latour, B. (2019). Atlas de l’anthropocĂšne. Sciences Po.
– Matheron, A. (1969). Individu et communautĂ© chez Spinoza. Les Editions de Minuit.
– Spinoza, B., & Pautrat, B. (2013). TraitĂ© politique. ALLIA.

Valérie Masson-Delmotte :
https://www.lsce.ipsl.fr/Phocea/Pisp/index.php?nom=valerie.masson

Commentaires :
Peut-on avoir la rĂ©fĂ©rence de l’étude sur les caractĂ©ristiques des climetosceptiques ?
–> Bonjour et merci Audric, tu pourras trouver cela dans l’article du CNRS en lien ou bien ces refs 😉👍
– Feygina, I., Jost, J. T., & Goldsmith, R. E. (2010). System Justification, the Denial of Global Warming, and the Possibility of “System-Sanctioned Change.” Personality and Social Psychology Bulletin, 36(3), 326–338.
– JylhĂ€, K. M., Cantal, C., Akrami, N., & Milfont, T. L. (2016). Denial of anthropogenic climate change: Social dominance orientation helps explain the conservative male effect in Brazil and Sweden. Personality and Individual Differences, 98, 184–187.
– Lamb, W. F., Mattioli, G., Levi, S., Roberts, J. T., Capstick, S., Creutzig, F., Minx, J. C., MĂŒller-Hansen, F., Culhane, T., & Steinberger, J. K. (2020). Discourses of climate delay. Global Sustainability, 3, E17.
– McCright, A. M., & Dunlap, R. E. (2011). Cool dudes: The denial of climate change among conservative white males in the United States. Global Environmental Change, 21(4), 1163–1172.
– Milfont, T. L., Abrahamse, W., & MacDonald, E. A. (2021). Scepticism of anthropogenic climate change: Additional evidence for the role of system-justifying ideologies. Personality and Individual Differences, 168, 110237.
– Norgaard, K. M. (2019). Making sense of the spectrum of climate denial. Critical Policy Studies, 13(4), 437–441.
– Stoll-Kleemann, S., & O’Riordan, T. (2020). Revisiting the Psychology of Denial Concerning Low-Carbon Behaviors: From Moral Disengagement to Generating Social Change. Sustainability, 12(3), 935.
– Wagener, A. (2020). Internet contre Greta Thunberg: Une Ă©tude discursive et argumentative. Argumentation et Analyse du Discours, 25, Article 25.
– Wullenkord, M. C. (2022). From denial of facts to rationalization and avoidance: Ideology, needs, and gender predict the spectrum of climate denial. Personality and Individual Differences, 193, 111616.
– Wullenkord, M. C., & Reese, G. (2021). Avoidance, rationalization, and denial: Defensive self-protection in the face of climate change negatively predicts pro-environmental behavior. Journal of Environmental Psychology, 77, 101683.
–> Le pouvoir exige tout autant des corps enthousiastes
L’espoir est une lame tout aussi tranchante que la peur
Les livres d’histoire-gĂ©ographie regorgent de prĂ©cĂ©dents
Mettre la charrue du cosmocentrisme diffus avant les bƓufs de la morale n’a jamais hĂątĂ© la venue du Royaume de la vĂ©ritable Joie
L’Ă©tude allemande utilisĂ©e pour appuyer votre pensĂ©e spinoziste n’est-elle pas en quelques sortes la dĂ©monstration de ce qu’elle semble dĂ©noncer : une objectivation de l’autre
J’ai toujours Ă©tĂ© surpris de constater un certain lien entre les philosophes de la Joie et le tragique, voire le fatalisme
DHM

–> Bonjour et merci Philippe 👍🙏 vous dites “le pouvoir exige tout autant des corps enthousiastes”… et bien quel pouvoir ??

Oui, les institutions captent les affects collectifs pour en crĂ©er une “puissance de la multitude” (potentia multitudinis).

L’espoir, que je diffĂ©rencie de l’espĂ©rance transcendante, est une force immanente de rĂ©silience, mais surtout un formidable levier d’indignation (voir Matheron, 1969).

Ainsi, dans l’indignation, le conatus vient lutter contre les effets des passions tristes. DĂšs lors, pour persĂ©vĂ©rer dans son ĂȘtre, l’individu accumule suffisamment de puissance pour renverser la tristesse et en comprend mieux ses effets (la force de la raison et des connaissances chez Spinoza).

Aussi, l’objectivation est une dĂ©marche scientifique que je dĂ©fends. Pour Spinoza, la puissance rĂ©flexive de notre pensĂ©e nous permet de nous observer et donc, de nous objectiver, se nous constituer en tant que personne.

Spinoza en bon matĂ©rialiste et adoptant une rigueur dans sa dĂ©marche de pensĂ©e ne comprendrait pas votre “fatalisme”, au contraire il dĂ©fend la causalitĂ© des Ă©vĂ©nements đŸ˜‰â˜€ïž

Pour un rĂ©veil des consciences… đŸŒ€âœŽïž

 

⚙ “Never doubt that a small group of thoughtful, committed citizens can change the world. Indeed, it’s the only thing that ever has.”🌀

đŸ€” “Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus conscients et engagĂ©s puisse changer le monde? En fait c’est toujours ainsi que cela se produit” (attribuĂ© Ă  Margaret Mead).


▶ Suivons pour cela la pensĂ©e de Margaret Mead

⚙ Granovetter (1978), et sa thĂ©orie de la masse critique, expliquait dĂ©jĂ  qu’une minoritĂ© “engagĂ©e” lorsqu’elle atteint une taille dite “critique”, peut franchir un point de basculement, et dĂ©clencher des changements de comportement plus rapides par acceptation (voir aussi Gladwell, 2002).

🧠 Damon Centola (2021), travaille aussi sur ce phĂ©nomĂšne dit “tipping point”, et Ă  partir de 25% pour un groupe (weak entrenchment), cela pourrait emporter l’adhĂ©sion et provoquer des changements (Centola et al., 2018).

Comment envisager de ne pas sombrer dans l’habitude et l’inaction qui rĂ©sonne comme un quelconque fatalisme
?

🌀 Notre HumanitĂ© universelle doit redevenir une base pour nos actions et engagements… afin de rĂ©duire les impacts dĂ©lĂ©tĂšres sur nos semblables, l’environnement et le climat.

🧭 ⏳ Des processus contagieux et rapides pourraient insuffler des changements sociaux et technologiques indispensables.

 

“What time is it on the clock of the world?” (Grace L. Boggs)

💡“‘I can’t believe what you say,’ the song goes, ‘because I see what you do’” (Baldwin, 1998, p. 738).
“Je ne peux pas croire ce que vous dites”, dit la chanson, “parce que je vois ce que vous faites”…

 

Ainsi James A. Baldwin en penseur lumineux nous rappelait au pragmatisme
 et Ă  notre Ă©veil des consciences đŸ‘â˜€ïž

Grace Lee Boggs: "What time Is it on the Clock of the World?"
L’illustration est de Robin Markle, dont vous pouvez retrouver le travail ici :
–> Portrait de Grace Lee Boggs en 2015 pour ces 100 ans 👍😉
Named: Happy Birthday Grace Lee Boggs!
https://robinmarkle.tumblr.com/post/121866823076/happy-birthday-grace-lee-boggs-grace-is-turning
REFERENCES :

– Baldwin, J. (1998). James Baldwin: Collected essays. New York, NY: The Library of America.
– Centola, D. (2018). How behavior spreads: The science of complex contagions. Princeton University Press.
– Centola, D. (2021). Change: How to Make Big Things Happen. Little, Brown Spark.
– Gladwell, M. (2002). The Tipping Point: How Little Things Can Make a Big Difference (Reprint Ă©dition). Back Bay Books.
– Granovetter, M. (1978). Threshold Models of Collective Behavior. American Journal of Sociology, 83(6), 1420–1443.
– Mead, M. (1964). Continuities in Cultural Evolution. New Haven: Yale University Press.